Nous voici parvenus au 50e jour après Pâques et nous célébrons la fête de la Pentecôte. Ce n’est plus tout simplement la fête du don des tables de la Loi reçues par Moise, mais c’est le don par excellence de Dieu qui s’imprime non sur des pierres mais en nos cœurs. De ce fait, cette solennité ne vient pas nous rappeler vaguement un souvenir du passé, mais de préférence une grâce actuelle. La Pentecôte nous rappelle alors que l’Eglise ne vit pas de ses propres forces, mais du souffle de l’Esprit. Sans la grâce du Saint Eprit, l’Eglise devient une institution comme les autres, une grande entreprise dirait-on. Mais l’Esprit Saint guide et sanctifie, vivifie et renouvelle l’Eglise pour qu’elle devienne l’Epouse véritable que le Christ a tant aimée et pour qui Il s’est livré (Eph 5, 25) afin qu’Elle devienne missionnaire et porteuse d’espérance au cœur du monde. Et c’est bien notre mission à tous : dans la grâce de l’Esprit Saint annoncer l’Evangile du Christ au monde entier.
Je profite de cette belle fête pour rendre grâce à Dieu le Père dans l’Esprit d’amour qui m’avait conduit d’Haiti jusqu’à Chaville pour la mission du Christ. Une communauté priante, magnifique, chaleureuse, bref, une communauté qu’on ne serait pas prêt de laisser ni d’oublier. Mais dans l’Eglise la mission on la reçoit, on ne se la donne pas. Il revient à l’autorité diocésaine de décider, et il incombe au prêtre d’obéir à la mission qui lui est confiée. C’est pourquoi j’accepte, nonobstant des sentiments mitigés, la nouvelle mission à Rome. Merci pour toutes les belles choses qu’on a pu partager en cette année pastorale. Merci pour les amitiés tissées, ce fut un bonheur et un soutien dans cette noble et grave mission. Demeurez fidèles au Christ, et laissez-vous guider par son Esprit d’amour ! Je vous porte humblement dans mes prières et dans mon cœur avec la Très Sainte Vierge Marie !
P. Edouard Michel