Que nous disent les 20 000 baptisés de Pâques ?

Dans la nuit de Pâques, plus de 20 000 adultes et adolescents ont été baptisés en France, dont 2 à Chaville. La Conférence des évêques de France fait régulièrement des enquêtes pour mieux connaitre et comprendre ces personnes et ainsi mieux les accueillir. Dans l’enquête de cette année, je vous propose de retenir quelques points qui peuvent plus directement concerner, ou interpeller, notre paroisse :

v40% des néophytes identifient « une épreuve de la vie comme point de départ d’une quête de sens » pour laquelle ils ont trouvé une réponse dans la foi catholique.

Je retiens de ce chiffre l’importance des relations interpersonnelles et du témoignage que nous portons de l’espérance qui nait de notre foi : si le Christ est bien ressuscité, alors notre vie a un sens, nous sommes libérés de la tentation de l’absurde, du nihilisme. Et si nous ne sommes évidemment pas plus épargnés par la souffrance que les autres, nous avons cependant de bonnes raisons de croire qu’elle n’aura pas le dernier mot. Quelle espérance magnifique portons-nous ! Quel devoir immense avons-nous aussi d’en témoigner, et pour cela de prendre les moyens de rendre notre témoignage audible et compréhensible ! J’ai parfois l’impression que nous souffrons du syndrome d’Obelix, peu conscients du trésor que nous portons par notre foi…

vPrès d’un tiers a « vécu une expérience spirituelle forte ».

Cela dit l’importance, d’une part, que nous sachions proposer des temps de prière, des liturgies, variées et de qualité. Et d’autre part, que nous sachions inviter et accompagner les non-chrétiens de notre entourage à venir vivre ces temps spirituels avec nous : inviter ne dérange pas ; cela ouvre une perspective.

v23% partagent qu’un élément déclencheur de leur cheminement de foi a été « l’émotion provoquée par la beauté d’un lieu de culte ».

J’en retiens l’importance essentielle de cultiver le beau dans nos églises et dans nos liturgies, et de nous en donner les moyens : rendre nos églises toujours plus belles et pas seulement fonctionnelles ; donner toute sa place à l’art – y compris au meilleur des créations contemporaines ; se soucier du fait que nos églises soient propres, bien rangées, accueillantes, accessibles, bien fleuries…

Occasion pour moi de rendre grâce pour toutes personnes qui s’engagent pour cela, avec une grande générosité de cœur et beaucoup de savoir-faire !

Sur ce sujet de la place du patrimoine (au sens large de notre héritage et de notre culture) dans le cheminement de foi des catéchumènes, une étude plus précise de 2024 le dit avec beaucoup de force : notre patrimoine, y compris immatériel, notre Tradition et nos traditions, la stabilité et l’enracinement du Magistère attirent ceux qui demandent le baptême. 37% disent avoir été saisis par une impression de dépassement ouvrant à la transcendance. Libérons-nous donc de tout complexe ou de course à l’échalotte derrière la mode ou l’esprit du monde et assumons avec une joie paisible le meilleur de ce que nous avons reçu pour le transmettre à notre tour !

P. Cédric de La Serre, curé de Chaville