n ces jours de Toussaint, beaucoup se rendent au cimetière ou poussent la porte d’une église. Derrière chaque tombe, chaque bougie allumée, il y a un visage, une histoire, une voix que l’on aimerait entendre encore. Il y a parfois une blessure que les années n’apaisent pas : l’absence d’un conjoint, d’un père, d’une mère, d’un enfant. Car la mort de ceux que nous aimons nous laisse démunis, avec cette question douloureuse : tout cet amour partagé peut-il vraiment s’achever dans le néant ?
L’Église connaît cette souffrance. Elle n’a pas de formule magique pour effacer le chagrin ou faire taire les larmes. D’ailleurs, Jésus lui-même a pleuré devant le tombeau de son ami Lazare. Ses larmes nous révèlent que Dieu ne regarde pas notre souffrance de loin : il la connaît et la partage. Lors de sa récente venue à Paris, le pape Léon XIV évoquait ainsi Jésus qui « porte sur ses épaules les brebis fatiguées ou blessées ».
Mais la foi chrétienne va plus loin. Elle ose annoncer une nouvelle bouleversante : la mort n’a pas le dernier mot ! Car Jésus-Christ n’est pas seulement venu partager nos souffrances : il a traversé lui-même la mort et il est ressuscité. Comme le rappelait Léon XIV à Paris, la Croix révèle « l’amour de Dieu qui triomphe de la mort ».
Voilà le fondement de notre espérance ! Au Stade de France, le Pape rappelait que le Christ offre à chacun « la promesse de la vie éternelle ». Non pas une simple survie dans le souvenir de nos proches, mais une vie nouvelle auprès de Dieu, où l’amour ne sera plus menacé par la séparation. Nous pouvons ainsi confier ceux qui nous ont quittés à son infinie miséricorde, dans l’espérance de les retrouver.
C’est précisément ce que nous célébrons à la Toussaint : cette multitude de saints qui vivent désormais auprès de Dieu. Ils ne sont pas seulement de grands personnages du passé : ils sont nos frères et sœurs qui nous précèdent dans cette vie éternelle à laquelle nous sommes tous appelés. La Toussaint est la fête de notre avenir possible !
Mais pourquoi attendre la mort pour découvrir cette espérance ? Sur la place de la Concorde, Léon XIV évoquait cette « soif de sens, de vérité et d’accomplissement » qui habite chacun de nous. Le Christ veut y répondre dès aujourd’hui. Croire en lui, c’est découvrir que nous sommes aimés pour toujours, que notre existence a un horizon immense, et qu’il est possible de vivre autrement, avec plus de confiance, de liberté et d’amour.
Alors, si cette Toussaint était l’occasion de faire un pas ? De redécouvrir l’Évangile, de revenir à la Messe, ou simplement d’oser cette prière : « Seigneur, si tu es vivant, aide-moi à te rencontrer ! » Car la foi chrétienne n’est pas seulement une consolation face à la mort. Elle est une formidable invitation à vivre, dès aujourd’hui, de la vie même de Dieu !
P. Cédric de La Serre, Curé de Chaville